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Article publié le 2 décembre 2020.

Ne floutons pas la santé des agents : le tract CGT et SUD en Normandie

Plusieurs réunions de dialogue social ont eu lieu ces dernières semaines, qui ont été l’occasion d’échanges avec la direction aussi bien sur la gestion de la crise sanitaire que sur les restructurations en cours.

Pendant le confinement, la réorganisation du SSNE continue

Cette réorganisation était soi-disant justifiée par le manque d’attractivité du SSNE. Or, les postes d’experts, censés matérialiser cette attractivité nouvelle, n’ont guère été le siège d’une foire d’empoigne. Les collègues de catégorie C ayant été affectés sur ces postes certifiés catégories B+ se verront certes octroyer une NBI. Ce n’est évidemment pas suffisant. Une fois encore, nous demandons le passage en B de tous les agents de catégorie C et ce d’autant plus que le nombre d’agents de catégorie C augmente et le nombre de postes de catégorie C diminue pour se réduire à peau de chagrin dans tous les services. Il n’y en a plus au SSNE alors qu’il y a 17 agents de catégories C.

Au-delà du SSNE, une campagne de mobilité autoritaire et injuste

Cette réorganisation apparaît en outre mal ficelée, presque improvisée. Ainsi, elle est l’un des révélateurs d’une campagne de mobilité autoritaire, dont nombre d’agents se sont plaint. Au SSNE, certains agents ont dû postuler sans avoir de descriptif détaillé de fiche de poste. Des pressions ont même été faites sur des agents pour les déloger presque manu militari de leur poste et les pousser à mettre un poste au SSNE parmi leurs choix. Pire, l’administration a menti en disant qu’une note obligeait chaque nouvel agent de l’Insee à travailler sur un poste de production ! On attend toujours que la direction nous fournisse cette note !!

Et quand on a posé la question de savoir si le nombre impressionnant de fiches d’intention de mobilité au SAR était le révélateur d’un quelconque problème de mal-être dans ce service, la réponse de la direction a été de nous inviter à visiter les bureaux du SAR pour constater par nous-mêmes que tout le monde y était heureux et souriant ! Souriez, y a rien à voir !

Et que dire de la méthode employée vis-à-vis d’un collègue qui a été convoqué pour se voir notifier hors campagne de mobilité qu’il allait être éjecté de son poste et se voir confier une mission...qui n’est toujours pas définie plusieurs mois après !

Ces mobilités forcées et ces pressions étayées par des notes imaginaires sont inacceptables et ne doivent plus pouvoir se reproduire, c’est pourquoi nous avons présenté sur cette campagne de mobilité le vœu suivant au CTSD du 12 octobre dernier : « Les élus du CTSD de Normandie demandent que la direction traite les agents avec équité dans toute mobilité à venir, contrairement à ce qui s’est fait cette année. » (Votes pour : CGT-SUD 2 sur 2 élus, CFDT : 1 sur 4 élus (3 présents))

Par ailleurs, est-ce le moment de restructurer un service alors que le reconfinement met tout le monde dans une situation d’incertitude génératrice d’angoisse ? À cette question, l’administration répond que personne ne sait quand la situation sanitaire va s’améliorer, donc on continue ! Et est-il judicieux de continuer alors que le chef du service à l’origine de cette restructuration quitte son poste ? L’administration utilise une pirouette en répondant que c’est bénéfique, puisque ça laisse une marge de manœuvre au futur chef de service, dont on connaît enfin le nom, mais pas la date précise d’arrivée, sûrement là aussi une marge de manœuvre bénéfique…

La direction ferait peut-être mieux de se demander si les agents disposent d’une marge de manœuvre bénéfique en termes de moral face à son inconséquence et son manque de considération ! Mais quand on évoque le mal-être des agents, la direction tantôt le nie, tantôt le met uniquement sur le dos du confinement et nous invite à ne pas tout mélanger ! La direction, omnisciente, nous a dit au dialogue social zoom du 3 novembre connaître tous les cas d’agents en mal-être, elle nous a même dit que si on posait cette question, c’était parce qu’elle était très discrète et très réactive. Admettons que ce soit le cas.

Que la direction admette en retour qu’on puisse quand même émettre des doutes et des craintes discrets et réactifs sur le sujet et ce d’autant plus que nous avons l’impression qu’elle n’a même pas un début de conscience qu’il puisse y avoir des agents tellement en mal-être par rapport à elle qu’ils ne se manifesteront pas auprès d’elle. La direction nous a aussi dit ne pas pouvoir aller au-delà de ses capacités managériales (sic).

Nous suggérons donc à la direction de travailler sur ses capacités managériales pour garantir un meilleur accompagnement des agents ! Cela nous semble d’autant plus urgent que le report du recensement de la population ajoute encore de l’incertitude sur nos travaux !

Des suppressions de postes en ligne de mire !

L’administration a fini par lâcher un des objectifs inavouables de la restructuration du SSNE : faciliter les suppressions de postes à venir ! La direction a en effet utilisé ces mots : « il y a une baisse des effectifs France entière qui va se répercuter sur tous les services y compris le SSNE, or dans une équipe de 4 personnes, c’est plus compliqué de supprimer un poste que dans une grande équipe. » Si on réorganise votre service en supprimant des équipes pour en faire de plus grandes, vous savez à quoi vous attendre ! Au-delà des suppressions de postes, c’est toute une vision de la vie sociale au travail qui est sacrifiée, enfermant tous les agents de l’insee dans un quotidien mécanique déshumanisé où ils ne sont que des ETP à maximiser.

Nous avons présenté sur ce point le vœu suivant au CTSD du 12 octobre :
« Les élus du CTSD de Normandie demandent que la direction cesse d’avoir pour seul horizon la lubie des suppressions de postes et y substitue le souci d’un cadre propice au bien-être et à la qualité du travail  » (Votes pour : CGT-SUD 2 sur 2 élus, CFDT : 2 sur 4 élus (3 présents))

L’administration semble par ailleurs avoir entendu notre constat de défaut de communication généralisé, mais quelles suites seront données à ce constat ? Nous demandons que soit mis fin à une situation où des agents découvrent après coup des décisions liées à la réorganisation de leur service.

Nous regrettons enfin que ces réorganisations successives à marche forcée semblent n’exister que pour faire plaisir à une administration sourde, aveugle et muette sauf pour se regarder s’écouter parler.

Une gestion du covid à l’emporte-pièce… comme Lubrizol

Lors du CTSD du 12 octobre dernier, nous avons fait remarquer à la direction que les agents normands avaient été les derniers servis en matière de masques et que certains collègues étaient venus nous voir pour nous dire que cette distribution très tardive de masques avait été l’occasion pour l’administration de se permettre des réflexions totalement inappropriées en leur demandant de justifier leur demande de masque, certains nous disant qu’ils avaient eu l’impression « qu’on [leur] faisait un procès parce qu’[ils] venaient chercher un masque » !

En réponse, la direction a eu le culot d’affirmer que chaque agent s’était vu remettre un kit contenant masques et gel hydroalcoolique dès son retour sur site. C’est évidemment un mensonge, puisque nous n’avons eu cesse de réclamer des masques pendant les premières semaines de retour dans les bureaux et que la direction a alors fait la sourde oreille alors même que les agents d’autres établissements de l’Insee se voyaient remettre des masques.

Et quand on s’est permis de relever ce mensonge, la direction a usé d’une pirouette en répondant qu’elle ne tolérerait pas qu’on remette en cause le travail des agents du SAR. Or, ce n’est pas le travail des agents du SAR que nous remettons en cause, c’est le sien !! Puis, elle a fini par lâcher, très énervée : « on ne peut pas faire n’importe quoi avec l’argent public ! » Nous lui répondons donc de mettre en application ses propos et d’utiliser l’argent public à bon escient, à savoir dans le cas présent de fournir assez tôt des masques aux agents pour préserver leur santé et contenir la propagation de l’épidémie !!

A Rouen, il semble que les choses se soient mieux passées qu’à Caen, on constate donc avec amertume qu’après un nouveau règlement intérieur passé en force, la direction harmonise le traitement des agents à sa guise !

Nous avons présenté sur ce point le vœu suivant au CTSD du 12 octobre : «  Les élus du CTSD de Normandie demandent que la direction soit plus pro-active dans la gestion de la crise sanitaire actuelle. Nous ne comprenons toujours pas ce qui justifie que les agents de l’Insee de Normandie n’aient pas été traités de la même façon que ceux de beaucoup d’autres régions auxquels l’administration a fourni des masques dès les premières semaines de déconfinement. » (Votes pour : CGT-SUD 2 sur 2 élus, CFDT : 1 sur 4 élus (3 présents))

Nous déplorons que la direction se fasse une spécialité de prendre les questions sanitaires avec désinvolture. En effet, déjà au moment de l’incendie de Lubrizol il y a un an, elle s’était montrée inconséquente en s’en tenant à une communication préfectorale que l’histoire jugera.

Elle a alors choisi de s’en tenir au minimum, arguant d’un périmètre de sécurité qui nous apparaît pour le moins arbitraire, pour rouvrir l’établissement dès le lendemain de l’incendie alors même que les rejets toxiques malodorants ont continué bien au-delà. Nous demandons que tous les agents de l’établissement de Rouen présents même un instant sur place ainsi que les enquêtrices et enquêteurs disposent, comme c’est le cas pour les agents d’autres administrations, d’une attestation d’exposition aux fumées et vapeurs de l’incendie de Lubrizol.

Certains membres du codir bénéficient probablement de conditions pour télétravailler en rapport avec celles dont ils jouissent en présentiel, qui sont déjà supérieures à celles de l’agent lambda. Ce n’est pas une raison pour ignorer que ce n’est pas le cas de tous les agents de l’Insee. Certains collègues vivent mal le confinement faute de moyens comparables aux leurs. Le fait est que le télétravail imposé 5 jours par semaine exacerbe les inégalités tout en les rendant invisibles, ce qui est bien pratique pour qui ne veut pas les voir.

Le travail en présentiel permet en effet de disposer d’un cadre qui permet de rendre visible ce qui ne va pas dans une installation, ainsi que d’éventuelles inégalités de traitement entre les agents. Tout le monde n’a pas le salaire d’un membre de codir et même à salaire égal, tout le monde n’a pas le même parcours de vie et ces différences sont génératrices d’inégalités, une évidence qu’on ne devrait pas avoir à rappeler. Nous demandons donc, a minima, que soit attribué aux agents un matériel adéquat. Nombre de collègues font en effet remonter des situations inacceptables neuf mois après le premier confinement : mal de dos, travail sur chaise inconfortable, utilisation de piles de livres comme rehausseur d’écran, ce qui présente un risque de chute. Nous demandons en outre le remboursement des frais engagés par les agents ainsi qu’une indemnité d’occupation du domicile.

Nous invitons nos collègues à prendre date pour d’éventuelles actions futures, quand la situation sanitaire le permettra, si la direction s’obstine à rester sourde à nos revendications. Pour en parler, nous vous invitons à participer à une HMI en zoom ce jeudi 3 décembre à 10h.

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